Castillo de Pincheira

8 janvier 2009

Castillo de Pincheira

Castillo de Pincheira

Mon dernier weekend à Malargüe. Prenant un jour de congé sur mes journées de travail interminables, j’en profite pour visiter la dernière attraction “reconnue” des environs: Castillo de Pincheira (Château de Pincheira). Ne vous y trompez pas, il ne s’agit là en aucun cas d’un château mais de reliefs rocheux nommés de la sorte pour leur prétendue ressemblance avec les murailles d’un château.

Un chemin de terre mal entretenu dessine la route vers les montagnes. Une trentaine de kilomètres de poussière soulevéespar les innombrables 4×4 me dépassant à toute allure, à se croire en plein Paris-Dakar, qui d’ailleurs passait trois jours plus tard non loin d’ici. Toujours est-il qu’un dimanche matin je comprends mal ce que toutes ces voitures font là. Assoiffé et malade de cette terre qui m’emplit les poumons, je finis par longer le lit d’une rivière fournissant enfin à ce désert un peu de verdure.

Sur la route de Castillo de Pincheira, à la sortie de Malargüe.

Sur la route de Castillo de Pincheira, à la sortie de Malargüe.

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Je n’étais pas loin de Castillo de Pincheira, une vingtaine de minutes, tout au plus. En arrivant à destination, le décor me surprit quelque peu. Immense camping des plus modernes avec piscine, restaurant et super-marché. Bien entendu, même pour m’asseoir dans le splendide gazon vert, l’entrée sera payante. Ce n’est pas bien cher et l’environnement est agréable. De plus je suis fatigué et l’idée d’une petite sieste à l’ombre, inexistante aux alentours, ne me laisse pas indifférent. Et puis je suis tout de même venu pour visiter ce fameux Castillo de Pincheira!

Pas besoin d’aller bien loin. En se rapprochant de l’eau, on reconnait vite sur l’autre rive les fameuses parois dont il est question. La ressemblance me paraît pauvre et je dois avouer avoir croisé des décors plus attirants sur mon chemin, bien que moins accessibles. Qu’importe, l’herbe est tendre, la température près de l’eau est idéale, le soleil dévastateur comme toujours à cette altitude, mais je me sens relaxé par cette atmosphère. Et bien que la musique pop anime un lointain arrière-fond sonore, la présence humaine me soulage. Cela fait quelques semaines que je suis complètement seul dans cette ville et je commence à souffrir légèrement de la solitude. Plus longtemps à tenir.

Castillo de Pincheira

Castillo de Pincheira

Au milieu de cette plénitude, soudain un constat effroyable! Les clés de mon cadenas de vélo ont disparu. Pas le choix. Les recherches dureront presque deux heures à genoux dans l’herbe mais victoire sera proclamée. Incident résolu. Il ne reste plus qu’à se détendre pour une petite heure avant de prendre le chemin du retour. Je relis un chapitre de ma bible, l’ “Etre et le Néant” de Sartre. Le seul que j’ai l’impression de comprendre un peu. Et bien non, je n’y comprends décidément pas grand chose, sinon que le problème du solipsisme n’est toujours pas résolu, même après une centaine de pages. Temps du retour, envisagé avec peu d’excitation sous cette chaleur étouffante et la poussière qui m’attend.

Mais quand on pédale, on pédale, il n’y a pas grand chose d’autre à faire et le temps passe en fin de compte assez vite. Le lendemain, le temps des douleurs au fessier passera bien plus lentement.

Une ballade reposante, nécessaire pour bien reprendre le travail. Et aussi un mystère de résolu, celui de savoir où disparaissent tous les habitant de Malargüe le dimanche. Castillo de Pincheira est leur repère, pour un “assado” entre frères. Un assado est un barbecue traditionnel argentin. Outre une préparation méticuleuse de la viande, c’est surtout une habitude qui réunit familles, voisins ou amis, quiconque veut se joindre à la fête.

Un dernier regard vers le ciel, avant d’allé se coucher.

Les plafonds de Malargüe, dégagé ou orageux, toujours de couleurs exceptionnelles.

Les plafonds de Malargüe, dégagé ou orageux, toujours de couleurs exceptionnelles.

6 réponses vers “Castillo de Pincheira”

  1. pierresaouter a dit

    Désolé pour cette mise en page désastreuse, indépendante de ma volonté.

  2. pierresaouter a dit

    Bon voilà qui semble améliorer quelque peu les choses. Mais toujours pas terrible…

  3. colette et Jo a dit

    on voyage à travers tes recits ..ces immensités sont impressionnantes, j’imagine mal supporter la solitude dans de tels espaces autour de soi.seul aussi dans ton travail, parait-il, tu arrives presque au bout!et avant le dépard un grand voyage avec Erwan,la Patagonie!ça fait rêver!encore un mois,qu’il soit le meilleur possible, je t’embrasse.Colette

  4. béa a dit

    Coucou Pierre,
    La route est longue, longue, longue! C’est toujours tout droit et elle s’étend à l’infini. Faut avoir des nerfs d’acier surtout quand il y a du vent et avoir de quoi penser. Je vois que ton copain Sartre t’accompagnait dans cet infinie solitude mais on te souhaiterait compagnie plus humaine !

    A bientôt le plaisir de te lire
    béa

  5. matthieu a dit

    tu écris toujours aussi magnifiquement mon grand! :)
    J espere que toutes ces aventures de cow boys soliteur ne te rendront hostil aux milieux ultra sociaux comme…les datchabar! ;)

    Courage et profite bien de ce qui s offre a toi!

    A bientot l amis!!

    Matthieu

  6. matthieu a dit

    aie aie aie.. je ne sais plus écrire!! donc .. je voulais écrire solitaire.. ne te rendront PAS hostil… voila voila…

    ciao!!

    matt

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